Au départ, il y a une difficulté concrète : des entreprises cherchent des développeurs et des jeunes veulent apprendre à créer des produits numériques, mais les deux mondes peinent à se rencontrer. Quelques années plus tard, une initiative née à Tunis propose des formations à la programmation, à la donnée, au design et à d’autres métiers du numérique dans plusieurs pays. Le nom de cette initiative : GOMYCODE.
L'histoire est séduisante. Elle ne mérite pourtant ni un récit publicitaire ni un procès d'intention. Comment cette entreprise tunisienne s'est-elle développée ? Que recouvre réellement son modèle de formation hybride ? En quoi ses choix éclairent-ils la question plus profonde du développement des compétences et de l'autonomie de l'apprenant ? Et quelles précautions prendre avant de s'inscrire à une formation promettant de préparer à un métier ?
Ce dossier distingue les faits documentés, les déclarations de l'entreprise et notre analyse pédagogique. Il s'adresse aux jeunes en orientation, aux adultes en reconversion, aux enseignants, aux responsables de formation et à toute personne qui s'interroge sur l'avenir de l'éducation numérique en Afrique.
GoMyCode, c'est quoi exactement ?
GOMYCODE est une entreprise de formation aux compétences numériques née en Tunisie en 2017. Elle combine des parcours accessibles en ligne, des espaces physiques de formation appelés hackerspaces ou campus, des intervenants spécialisés et une pédagogie orientée vers la pratique. Son positionnement est celui d'une EdTech professionnalisante : aider des apprenants à acquérir des compétences utiles aux activités numériques et, pour certains parcours, à préparer une insertion ou une transition professionnelle.
La présentation officielle de GOMYCODE indique aujourd'hui une présence dans huit pays, plus de 35 campus et plus de 50 000 personnes formées depuis 2018. Il s'agit de données communiquées par l'entreprise, et non de chiffres audités dans le cadre de cet article. Certaines pages locales, encore accessibles, affichent des nombres différents ; il serait donc trompeur de les mélanger ou de les présenter comme un instantané unique.
Un campus n'est pas une université accréditée par ce seul fait. Une formation courte n'est pas automatiquement équivalente à un diplôme reconnu. De même, la réussite d'un projet pratique ne garantit ni un emploi, ni un salaire, ni une aptitude durable à exercer un métier. Cette distinction est essentielle pour apprécier le modèle à sa juste valeur.
Une initiative née à Tunis en 2017
Le point de départ : apprendre à coder en construisant
Selon le récit recueilli par TechCrunch en juin 2022, Yahya Bouhlel s'intéressait très jeune à la programmation et à la création d'applications. Son frère Amine rencontrait, de son côté, des difficultés à recruter des développeurs en Tunisie. Le rapprochement de ces deux expériences a contribué à faire naître l'idée d'un lieu où l'on apprendrait à produire plutôt qu'à seulement écouter des cours.
GOMYCODE apparaît ainsi en 2017 autour de cours et d'activités de programmation. L'entreprise présente également ses débuts dans un espace de coworking sur sa page institutionnelle tunisienne. Ce contexte compte : un espace partagé, des projets, des échanges entre débutants et praticiens, et une proximité revendiquée avec les besoins des entreprises.
Le récit de naissance ne suffit évidemment pas à établir la qualité de chaque programme actuel. Mais il permet de comprendre la logique du projet : construire une passerelle entre la curiosité individuelle pour la technologie et la capacité de réaliser des tâches concrètes.
Pourquoi le contexte africain rend cette démarche pertinente
Dans de nombreux territoires, le problème de l'accès à la formation numérique ne se réduit pas à l'absence de contenus. On peut trouver des cours gratuits, des tutoriels et des vidéos, tout en manquant d'un ordinateur suffisamment performant, d'une connexion stable, de temps disponible, d'un interlocuteur compétent ou d'une méthode pour persévérer.
Il faut aussi distinguer les obstacles. Une personne peut comprendre la logique d'un programme mais ne pas savoir déboguer seule ; une autre peut réaliser des exercices techniques sans connaître les attentes d'un recruteur ; une troisième peut maîtriser un outil mais manquer de projets montrables. Une offre de formation sérieuse doit identifier le véritable obstacle de l'apprenant, plutôt que présumer qu'un contenu supplémentaire résoudra tout.
C'est dans cet espace entre le savoir disponible et la compétence mobilisable que GOMYCODE cherche à se positionner.
Le modèle hybride : des cours numériques et des lieux physiques
La particularité souvent mise en avant par GOMYCODE est l'articulation entre plateforme en ligne, formateurs et campus. Les contenus numériques permettent de préparer, consulter ou revoir des notions. Les séances accompagnées peuvent offrir un lieu pour poser des questions, pratiquer, recevoir un retour et collaborer.
Ce modèle n'est pas une formule magique. Sa valeur dépend de ce qui se passe effectivement entre deux cours : quelles tâches l'apprenant réalise-t-il ? Comment les erreurs sont-elles détectées ? L'encadrant explique-t-il la solution ou aide-t-il l'apprenant à la découvrir ? Les difficultés des personnes qui travaillent ou qui vivent loin d'un campus sont-elles réellement prises en compte ?
L'UNESCO, dans son Rapport mondial de suivi sur l'éducation 2023, rappelle que la présence d'outils numériques ne constitue pas, à elle seule, une preuve d'amélioration des apprentissages. Les effets dépendent du contexte, de la pédagogie et des conditions d'accès. La bonne question n'est donc pas : « Le cours est-il en ligne ou en présentiel ? » Elle est : « Quelle combinaison d'activités permet réellement d'apprendre ? »
La promesse pédagogique des projets
Apprendre un langage de programmation uniquement à partir d'une présentation théorique peut produire une compréhension fragile. Créer une petite application oblige, au contraire, à faire des choix : organiser les fichiers, lire des messages d'erreur, tester des hypothèses, documenter son travail et corriger progressivement ses décisions.
Une pédagogie par projets peut rendre ces opérations plus visibles, à condition de ne pas réduire le projet à une suite d'instructions que l'on copie. Le véritable progrès apparaît lorsque l'apprenant sait expliquer pourquoi il a choisi telle solution, ce qu'il a essayé avant et comment il pourrait résoudre un problème voisin.
Là réside l'intérêt potentiel du modèle : transformer une compétence abstraite en activité observable. Mais le bénéfice dépend de la qualité des projets, de la progressivité des difficultés et du feedback, non du seul vocabulaire « pratique » ou « immersif ».
De l'école de code à l'EdTech multipays
GOMYCODE ne se présente plus seulement comme une école de programmation. Son site met en avant un ensemble de compétences numériques et liées à l'intelligence artificielle. Selon les offres et les pays, les familles de formation citées au cours de son développement ont compris le développement web, l'analyse de données, le design, le marketing numérique et d'autres spécialités.
Il serait imprudent d'affirmer que tous les parcours sont proposés simultanément dans toutes les villes. Le site officiel invite d'ailleurs à sélectionner un pays pour consulter les programmes, langues, prix et campus correspondants. Pour un candidat, cette vérification locale doit précéder toute comparaison de tarifs ou de durées.
Cette localisation est importante. Un programme destiné à un salarié en reconversion en France, à un jeune diplômé au Sénégal ou à un étudiant marocain ne rencontre pas nécessairement les mêmes contraintes. Les horaires, les prérequis, la langue d'enseignement, les outils disponibles, les coûts de transport et les attentes des recruteurs peuvent être très différents.
L'enjeu d'une expansion africaine n'est donc pas de reproduire le même cours partout. C'est de préserver des exigences communes tout en tenant compte des réalités locales.
Huit pays : une présence à interpréter avec prudence
À la date de consultation, le portail GOMYCODE permet de choisir notamment la Tunisie, l'Algérie, le Maroc, le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Nigeria, le Kenya et l'Arabie saoudite. Cette liste est celle affichée sur le portail consulté ; elle peut évoluer.
Le nombre de pays indique une implantation commerciale ou opérationnelle annoncée. Il ne dit pas combien d'apprenants fréquentent chaque site, combien terminent leurs projets, ni quelle part accède ensuite à un emploi correspondant à la formation suivie. Les pages institutionnelles permettent de constater une ambition régionale ; elles ne remplacent pas une évaluation comparative indépendante.
Le tournant de 2022 : huit millions de dollars pour accélérer
Une étape bien documentée survient en juin 2022. GOMYCODE annonce une levée de fonds de 8 millions de dollars en série A. Proparco, institution financière de développement du groupe AFD, précise que l'opération a été menée avec AfricInvest, via son fonds d'innovation, et avec la participation de Wamda Capital.
Une levée de fonds peut financer le recrutement, les infrastructures, le développement de produits et l'expansion internationale. Elle constitue un indice d'intérêt de la part d'investisseurs et de confiance dans des perspectives commerciales. Elle ne démontre pas, à elle seule, l'efficacité pédagogique des formations ni leurs résultats à long terme.
C'est un point essentiel : on peut constater le succès d'un modèle économique sans en déduire automatiquement la réussite de tous ses apprenants. L'analyse d'une entreprise éducative doit donc garder deux tableaux de bord distincts : celui de son développement et celui des apprentissages réellement obtenus.
Pourquoi ce modèle attire des apprenants en reconversion
Pour une personne qui envisage de changer de métier, les offres de formation numérique présentent trois attraits : elles donnent un horizon professionnel identifiable, proposent un parcours structuré et promettent un accompagnement moins solitaire qu'un apprentissage entièrement autodidacte.
Prenons une situation concrète. Une personne qui travaille déjà souhaite découvrir le développement web. Elle essaie pendant quelques semaines plusieurs tutoriels, comprend des morceaux de code mais ne sait pas organiser un projet complet. Un parcours accompagné peut l'aider à fixer un objectif, à sélectionner une progression réaliste et à obtenir des retours sur des réalisations successives.
Pourtant, si le candidat reste incapable de coder sans regarder une solution à chaque étape, il a surtout accumulé des expériences guidées. Son objectif doit être reformulé : non pas « terminer le programme », mais « concevoir, expliquer, tester et améliorer un projet de façon de plus en plus indépendante ».
La distinction entre participation à une formation et appropriation d'une compétence devrait être au centre de toute décision d'inscription.
Ce que GoMyCode nous apprend sur la pédagogie
1. Un objectif concret donne du sens aux efforts
Apprendre « l'informatique » est un objectif trop vaste pour piloter son travail. Construire une interface accessible, analyser un fichier de données ou réaliser un petit service web constitue un objectif plus opératoire. On peut le découper en étapes et observer des critères de réussite.
Le formateur doit néanmoins vérifier que le projet choisi correspond au niveau de départ. Un défi disproportionné décourage ; une activité intégralement prémâchée donne une impression de fluidité sans permettre la progression.
2. Le feedback doit éclairer la procédure, pas fournir la réponse
Un apprenant qui rencontre une erreur peut recevoir une correction immédiate. Il avance alors rapidement, mais parfois sans comprendre. Une autre possibilité consiste à lui demander quelle hypothèse il a formulée, quel test il peut réaliser et ce que l'échec révèle. Ce second type d'accompagnement est souvent plus exigeant.
Il ne s'agit pas d'interdire l'explication directe. Une difficulté bloquante peut justifier une démonstration claire. L'enjeu est de revenir ensuite à une tâche que l'apprenant réalise lui-même, pour vérifier que la compréhension est transférable.
3. Les pairs peuvent soutenir, mais aussi masquer les lacunes
Le travail collaboratif stimule les échanges et peut rendre les démarches visibles. Mais un groupe ne progresse pas nécessairement de manière homogène : une personne écrit tout le code pendant que les autres regardent. Pour éviter cette illusion, les rôles peuvent tourner et chaque participant doit être capable de justifier une partie du travail.
Un bon dispositif alterne donc coopération, production personnelle et explication individuelle. Le projet collectif devient un moyen d'apprendre, non une manière de faire disparaître les difficultés particulières.
4. La bonne mesure reste l'autonomie
La question la plus intéressante n'est pas seulement : « Le projet fonctionne-t-il ? » C'est aussi : « La personne saurait-elle le reconstruire, le modifier ou expliquer ses choix sans assistance permanente ? »
Cette exigence rejoint la démarche de L’Apprenant Autonome, qui propose de considérer l'autonomie comme une capacité à viser, se situer, planifier, vérifier et ajuster. L'idée ne se limite pas au code : elle vaut pour la formation des adultes, l'enseignement supérieur et les apprentissages scolaires.
L'apport possible du coaching d'apprentissage
Le coaching d'apprentissage ne se confond ni avec l'enseignement technique ni avec le conseil en recrutement. Un développeur expérimenté transmet des connaissances et corrige des erreurs de métier ; un coach d'apprentissage aide surtout une personne à clarifier ses objectifs, à observer ses stratégies, à mobiliser ses ressources et à gagner en autonomie.
Dans un parcours numérique, les deux fonctions peuvent être complémentaires. Le formateur peut démontrer comment utiliser un outil. Une posture de coaching peut ensuite aider l'apprenant à comprendre pourquoi il reporte certaines tâches, comment il sélectionne ses ressources et à quel moment il devient dépendant des corrections.
Prenons trois questions simples : « Qu'as-tu réussi sans aide depuis la dernière séance ? » ; « Quelle erreur as-tu comprise et serais-tu capable d'expliquer ? » ; « Quel sera ton prochain essai avant de demander une solution ? ». Elles font apparaître les décisions cognitives souvent invisibles dans un tableau de progression.
L'intérêt d'un Enseignant Coach ou d'un Formateur Coach n'est pas d'abandonner l'expertise disciplinaire. Il consiste à mieux articuler la transmission et le développement de la capacité d'apprendre. Pour approfondir cette posture, le livre Cessez d’Enseigner, Commencez à Coacher examine précisément le passage de l'explication à l'observation des apprentissages.
Emploi : pourquoi il faut regarder au-delà des taux affichés
Les écoles professionnalisantes communiquent fréquemment sur les métiers visés et l'accompagnement vers l'emploi. Ces informations peuvent orienter un candidat, mais les indicateurs exigent une lecture rigoureuse.
Sur certaines pages locales, GOMYCODE affiche des taux ou des nombres de diplômés. D'autres pages utilisent des chiffres plus récents ou des définitions différentes. Sans protocole public détaillant la cohorte, la période, la méthode de suivi, les exclusions et la définition exacte d'« employabilité », il n'est pas possible d'interpréter ces données comme une mesure indépendante du placement des apprenants.
Un indicateur robuste devrait préciser si l'emploi est à temps plein, en stage, indépendant ou simplement envisagé ; s'il relève de la spécialité apprise ; et combien de personnes ont réellement répondu à l'enquête. Il devrait aussi distinguer les abandons des personnes ayant terminé le cursus.
Ces précisions ne sont pas des détails administratifs. Elles permettent au futur apprenant de comparer une formation à ses objectifs réels plutôt qu'à une publicité.
En 2026, l'intelligence artificielle change la question
Les assistants de code et les outils d'intelligence artificielle peuvent accélérer certaines étapes de production. Cela modifie les attentes à l'égard des formations numériques : savoir obtenir une solution rapidement devient moins distinctif que savoir la vérifier, l'adapter et en assumer les conséquences.
Un élève peut demander à un outil de générer une fonction. Mais comprend-il les contraintes ? Sait-il détecter un résultat erroné ? Peut-il expliquer les hypothèses, traiter des données de manière responsable et reprendre la main lorsque l'outil échoue ? Ces compétences prennent davantage de poids.
Pour les organismes comme GOMYCODE, le défi pédagogique est alors double. Il faut intégrer les outils actuels sans réduire les apprenants à des opérateurs de prompts. Et il faut préserver les fondamentaux : lecture attentive du problème, raisonnement, test, vérification, documentation et responsabilité professionnelle.
C'est pourquoi une formation moderne ne devrait pas mesurer seulement la vitesse d'achèvement d'un projet. Elle devrait aussi observer la capacité de l'apprenant à travailler lorsque les suggestions automatiques sont incomplètes ou trompeuses.
Comment évaluer une formation GoMyCode avant de s'inscrire ?
Un futur candidat gagnerait à rencontrer l'équipe locale et à demander des éléments précis plutôt qu'un simple programme général. Voici une grille de décision utilisable pour GOMYCODE comme pour d'autres organismes :
| Point à vérifier | Question concrète |
|---|---|
| Programme | Quelles compétences sont effectivement travaillées dans ma ville et à la date prévue ? |
| Niveau | Quels prérequis sont indispensables et comment les évalue-t-on ? |
| Accompagnement | À quelle fréquence un intervenant examine-t-il mon travail personnel ? |
| Projets | Quels livrables réaliserai-je seul, et lesquels en équipe ? |
| Reconnaissance | Quelle est la nature exacte du certificat ou du diplôme délivré ? |
| Coût | Quel est le prix total, avec matériel, logiciels, déplacements et éventuels frais supplémentaires ? |
| Résultats | Quelles données d'emploi sont disponibles pour le programme, le pays et la cohorte qui m'intéressent ? |
| Accessibilité | Quelles adaptations existent en cas de contraintes de langue, de temps, de connexion ou de handicap ? |
Une promesse générique d'« apprentissage intensif » ne répond à aucune de ces questions. Une réponse argumentée, vérifiable et adaptée au candidat constitue en revanche un signal utile.
Une expérience à faire avant même le premier cours
Avant de choisir une école, consacrez une semaine à un petit projet personnel. L'objectif n'est pas de devenir développeur en sept jours : il est de mieux comprendre votre motivation, votre disponibilité et la nature des problèmes que vous aimez résoudre.
Pendant cette semaine, consignez vos tentatives. Qu'avez-vous compris ? À quel moment vous êtes-vous arrêté ? Quelle information vous a manqué ? Quelle tâche avez-vous réussie après correction ? En montrant ces traces à un formateur, vous obtiendrez des conseils bien plus précis qu'avec la seule déclaration : « Je veux travailler dans la tech. »
Cette démarche aide aussi à distinguer un désir authentique d'apprendre d'une attirance pour une image professionnelle idéalisée.
Les limites du modèle : accès, temps, coût et qualité
Le modèle hybride peut créer des occasions de pratique et de soutien humain, mais il reste confronté à des obstacles structurels. Un campus éloigné peut coûter cher en transports ; des sessions intensives peuvent être difficiles à concilier avec un emploi ; un cursus techniquement exigeant peut supposer des prérequis insuffisamment annoncés.
Les formations numériques connaissent également un risque de décalage entre l'outil enseigné et l'évolution rapide du marché. Une excellente formation ne se résume donc pas à une liste de logiciels : elle développe des compétences qui restent pertinentes lorsque l'interface change.
Enfin, les comparaisons internationales restent délicates. Les possibilités professionnelles d'un diplômé en Tunisie, au Maroc ou au Sénégal dépendent aussi de facteurs économiques et réglementaires qui dépassent largement la qualité de son école. Imputer tous les résultats à l'organisme de formation, en positif comme en négatif, serait une erreur d'analyse.
Le constat de l'UNESCO sur les technologies éducatives invite à la prudence : l'accès à un dispositif doit s'accompagner d'une attention aux apprentissages, à l'équité et à la durabilité.
Ce que les écoles et les formateurs peuvent retenir de cette trajectoire
L'expérience GOMYCODE soulève une question qui dépasse largement la formation à la programmation. Comment une institution organise-t-elle des occasions régulières de pratiquer, de recevoir du feedback, de rendre ses progrès visibles et de gagner progressivement en responsabilité ?
Dans un collège, un centre de formation professionnelle ou une université, les réponses seront différentes. Mais plusieurs principes peuvent être adaptés sans reproduire le modèle commercial : construire un projet proportionné, exposer les critères de réussite, laisser une place à l'erreur, demander des explications personnelles et réduire progressivement l'aide.
Les établissements peuvent aussi développer des liens avec les professionnels locaux, non pour transformer chaque cours en préparation à un poste, mais pour rendre plus compréhensibles les usages réels des savoirs. Le travail scolaire gagne alors en signification sans renoncer à ses ambitions intellectuelles.
Pour les acteurs de l'éducation qui souhaitent réfléchir à cette évolution du rôle de l'adulte, la formation Learning Coach présente les parcours et spécialités de coaching d'apprentissage. Les modalités et disponibilités de chaque parcours doivent être vérifiées directement sur cette page ; il ne s'agit pas d'une formation technique à la programmation.
Questions fréquentes
GoMyCode est-elle une université ?
GOMYCODE se présente comme une entreprise de formation aux compétences numériques. Il convient de vérifier auprès de la structure locale la nature juridique de chaque programme et la reconnaissance exacte de tout certificat proposé. Le mot « campus » ne signifie pas nécessairement « établissement universitaire ».
GoMyCode est-elle présente au Maroc ?
Le portail officiel de GOMYCODE propose une entrée dédiée au Maroc. Pour connaître les lieux, formats, dates, langues et tarifs effectivement disponibles, il faut consulter cette version locale et demander confirmation avant de s'engager.
Peut-on trouver un emploi après une formation GoMyCode ?
Une formation peut renforcer des compétences et aider à préparer des candidatures ; elle ne garantit pas un recrutement. Demandez des résultats documentés correspondant au parcours et à la cohorte envisagés, puis confrontez-les à votre situation et aux exigences des employeurs.
Qu'est-ce qui distingue une formation par projets d'un simple cours vidéo ?
La possibilité de produire, tester, corriger et expliquer un travail personnel. La différence tient moins au support qu'aux activités exigées, au retour fourni et à la capacité de l'apprenant à reproduire ses acquis dans une situation nouvelle.
Une réussite entrepreneuriale qui pose une vraie question éducative
Partie d'une initiative tunisienne autour de la programmation en 2017, GOMYCODE a développé une présence régionale, un réseau de lieux de formation et un modèle hybride qui a attiré des investisseurs. Sa trajectoire est significative pour l'écosystème EdTech africain, notamment parce qu'elle tente de relier apprentissage, pratique et aspirations professionnelles.
La question décisive n'est pourtant pas de savoir combien de campus porte une enseigne. Elle est de comprendre ce qui change durablement chez les personnes qui apprennent. À la fin d'un parcours, savent-elles définir un problème, choisir une méthode, reconnaître leurs erreurs, mobiliser une aide pertinente et poursuivre sans accompagnement constant ?
C'est à cette échelle, celle de la compétence réelle et de l'autonomie, que devrait se mesurer toute ambition éducative. Les technologies peuvent ouvrir des portes. Apprendre à franchir la suivante par soi-même reste le véritable enjeu.
Références et sources consultées
GOMYCODE — site officiel et implantation géographique : description institutionnelle et chiffres déclarés par l'entreprise, consultés le 28 octobre 2026.
GOMYCODE Tunisie — présentation de l'entreprise : historique et fonctionnement revendiqués.
Proparco — annonce de la série A de 8 millions de dollars, 14 juin 2022 : institution financière participante.
TechCrunch — entretien et reportage, 9 juin 2022 : source journalistique indépendante sur les origines et le développement.
UNESCO — Rapport mondial de suivi sur l'éducation 2023 : synthèse institutionnelle sur l'usage des technologies, leurs conditions et les limites des preuves.