Persévérance scolaire au Québec : 12 actions concrètes pour aider un adolescent à rester engagé

Persévérance scolaire au Québec : 12 actions concrètes pour aider un adolescent à rester engagé

À Québec, Camille, 15 ans, rentre du secondaire avec une réponse que ses parents connaissent par cœur : « C'était correct. » Son sac reste fermé. Elle ne parle plus de ses cours, alors qu'elle racontait volontiers les projets menés avec ses amis quelques mois plus tôt. Son père pense qu'elle manque de volonté ; sa mère hésite entre imposer davantage de règles et la laisser tranquille. Camille, elle, a surtout l'impression que ses efforts ne changent rien.

Quand un adolescent se désengage de l'école, la question n'est pas uniquement « Comment le faire travailler ? ». Il faut aussi se demander ce qui lui permet encore de se sentir compétent, relié à des adultes et à des pairs, et capable d'influencer son parcours.

La persévérance scolaire au Québec se cultive dans les gestes quotidiens : écouter sans juger, offrir des choix réels, organiser une aide accessible et faire de chaque petit progrès un point d'appui. Voici douze actions concrètes destinées aux parents, aux enseignants et aux personnes qui accompagnent des jeunes du secondaire. Elles ne constituent ni un programme clinique ni une garantie contre le décrochage, mais une méthode d'observation, de dialogue et d'action.

Persévérance scolaire : de quoi parle-t-on au Québec ?

La persévérance scolaire désigne la continuité de l'engagement d'un jeune dans son parcours éducatif, malgré les obstacles. Elle ne se réduit pas au fait de rester assis en classe, de réussir toutes ses évaluations ou de viser des notes élevées. Un adolescent peut rencontrer des difficultés scolaires et continuer à apprendre, demander de l'aide et se projeter dans l'avenir. Inversement, un jeune qui obtient des résultats corrects peut se sentir très éloigné de l'école.

Le Réseau québécois pour la réussite éducative rappelle que la réussite est influencée par des facteurs individuels, familiaux, scolaires et sociaux. Cette approche est essentielle : lorsque l'engagement baisse, il est rarement pertinent de chercher un coupable unique.

Le Conseil supérieur de l'éducation du Québec souligne lui aussi l'importance de parcours scolaires signifiants, accessibles et cohérents. Son avis sur l'engagement des élèves du secondaire invite à prendre au sérieux leur point de vue plutôt qu'à réduire la motivation à l'obéissance.

Ne pas confondre trois situations

Une baisse de motivation peut être temporaire : un examen raté, une dispute, une fatigue accumulée. Le désengagement devient plus préoccupant lorsque l'évitement et le sentiment d'inutilité persistent. Le décrochage renvoie à un processus pouvant conduire à interrompre son parcours avant l'obtention de la qualification visée. Une seule mauvaise semaine ne permet pas de prédire une sortie du système scolaire.

Les données de la Direction régionale de santé publique de Montréal montrent qu'à Montréal, la proportion d'élèves ayant un niveau élevé d'engagement scolaire est passée de 28 % en 2010-2011 à 21 % en 2022-2023. C'est un indicateur local et temporel, non une estimation de la probabilité qu'un adolescent donné abandonne l'école. Il souligne l'intérêt d'agir sur l'environnement des jeunes, au-delà des résultats individuels.

Douze actions pour soutenir un adolescent au secondaire

1. Ouvrir une vraie conversation avant de parler de notes

La première action est la plus simple à formuler et parfois la plus difficile à réussir : demander au jeune comment il vit l'école, puis écouter sa réponse sans la corriger immédiatement. Une conversation sur les résultats du bulletin peut vite devenir un interrogatoire. Remplacez « Pourquoi as-tu eu 58 % ? » par « Qu'est-ce qui a été le plus difficile dans cette évaluation ? » et « Qu'aimerais-tu que je comprenne ? ».

Choisissez un moment où personne n'est pressé : en marchant, dans la voiture ou après une activité. Acceptez aussi qu'un adolescent ne parle pas tout de suite. L'objectif initial n'est pas de trouver une solution en dix minutes ; il est de rendre la parole possible. Un jeune qui se sent écouté est mieux placé pour nommer ce qui le décourage.

2. Chercher les obstacles précis au lieu de diagnostiquer une « paresse »

« Je ne suis plus motivé » peut cacher des situations très différentes : une consigne incomprise, une accumulation de retards, un conflit, une expérience d'intimidation, des difficultés de sommeil, une peur de l'échec ou un manque de sens. Les interventions changent selon le problème.

Demandez : « À quel moment exact as-tu envie de tout laisser tomber ? », « Dans quel cours cela arrive-t-il le plus ? », « Que se passe-t-il juste avant ? ». Notez les réponses sans étiqueter le jeune. Si la sécurité, la santé ou l'intimidation sont en cause, contactez rapidement les professionnels compétents de l'école ou du réseau de la santé. Le coaching éducatif ne remplace pas leur intervention.

3. Redonner au jeune un choix réel chaque semaine

À l'adolescence, beaucoup de décisions semblent imposées : horaire, devoirs, évaluations, règles. Pourtant, même lorsqu'un objectif scolaire reste non négociable, la manière de l'atteindre peut offrir des choix.

Invitez le jeune à choisir, par exemple, entre commencer par les mathématiques ou par le français, étudier à la bibliothèque ou chez lui, préparer son évaluation seul pendant quinze minutes ou avec un ami. Évitez les faux choix : « Tu préfères travailler maintenant ou être puni ? ». D'après les recommandations de Réseau réussite Montréal sur la motivation et l'engagement, le soutien à l'autonomie gagne à reconnaître le point de vue du jeune tout en maintenant une structure claire.

4. Construire une petite victoire observable

Lorsqu'un jeune se juge incapable, les objectifs vagues — « remonter ta moyenne » ou « devenir sérieux » — peuvent renforcer la pression. Préférez une action mesurable, réalisable en quelques jours : comprendre deux erreurs d'un exercice, noter les devoirs de trois cours, remettre un travail à temps ou demander une explication.

Après l'action, posez deux questions : « Qu'as-tu fait qui a aidé ? » et « Que referais-tu la prochaine fois ? ». Ce débriefing développe la conscience de ses propres stratégies. La victoire ne dépend plus exclusivement d'une note que le jeune ne contrôle pas entièrement.

5. Transformer les devoirs en entraînement à l'autonomie

Un parent peut aider un adolescent jusqu'à prendre en charge le travail à sa place : lire chaque consigne, décider de l'ordre, vérifier chaque réponse et rappeler toutes les échéances. À court terme, le travail est terminé ; à long terme, la dépendance peut persister.

Adoptez une séquence simple : le jeune explique l'objectif, choisit sa première étape, tente seul un exercice, puis demande un indice ciblé. Le parent intervient comme soutien, pas comme exécutant. Le livre L'Apprenant Autonome approfondit précisément cette distinction : être autonome n'est pas être abandonné, mais apprendre à piloter progressivement son travail et à mobiliser les bonnes ressources.

6. Préparer les évaluations autrement qu'en relisant

Certains adolescents consacrent beaucoup de temps aux études sans savoir si la matière est retenue. Relire un cahier jusqu'à le trouver familier n'est pas la même chose que pouvoir expliquer une notion sans aide.

Essayez une révision active : fermer ses notes et rappeler trois idées essentielles ; résoudre un problème sans modèle ; expliquer une réponse avec ses mots ; revenir deux jours plus tard sur les questions ratées. Le parent peut simplement demander : « Montre-moi ce que tu peux refaire sans regarder ». Ce n'est pas un examen familial supplémentaire, mais un moyen de rendre les progrès visibles.

7. Protéger les liens avec les pairs et les adultes de confiance

La persévérance ne dépend pas uniquement des contenus scolaires. Le sentiment d'appartenance à un groupe ou la présence d'un adulte crédible peut rendre une journée difficile plus supportable. Demandez à l'adolescent : « À l'école, avec qui te sens-tu bien ? » et « Qui pourrait t'aider si une journée se passait mal ? ».

Lorsqu'il ne nomme personne, cherchez avec lui une porte d'entrée : titulaire, enseignant apprécié, éducateur, professionnel de l'école, responsable d'activité ou autre personne de confiance. Cette action doit respecter son consentement et sa vie privée, sauf lorsqu'une situation de sécurité exige une intervention immédiate.

8. Donner une place aux activités parascolaires

Sport, musique, théâtre, robotique, bénévolat, arts et projets collectifs peuvent aider le jeune à développer des compétences, des relations et un sentiment d'utilité. Ces activités ne sont pas une récompense réservée aux bons bulletins. Elles peuvent constituer une raison positive de revenir à l'école et d'y appartenir.

Cherchez une activité adaptée aux intérêts, aux contraintes de déplacement et au budget de la famille. Une école peut aussi favoriser l'accès à des projets gratuits. Le Conseil supérieur de l'éducation insiste sur l'intérêt de parcours et d'expériences scolaires diversifiés et accessibles. Il ne s'agit pas de surcharger l'horaire, mais d'élargir les occasions de s'engager.

9. Construire une alliance utile avec l'école

Attendre la prochaine remise de bulletin pour prendre contact peut laisser des difficultés s'installer. Une communication efficace commence par des observations concrètes : « Depuis trois semaines, les devoirs de sciences ne sont plus commencés » plutôt que « Mon enfant n'a aucune motivation ».

Proposez une rencontre courte avec les personnes concernées et convenez d'un objectif partagé, d'une aide accessible et d'une date de retour. Les orientations du gouvernement du Québec sur la participation des familles à la vie scolaire encouragent une collaboration adaptée à la réalité des familles. Le jeune doit, autant que possible, participer à la discussion et comprendre les décisions prises.

10. Rendre l'aide scolaire facile à demander et à recevoir

Certains jeunes savent qu'ils ont besoin d'aide, mais hésitent à la demander par honte ou par peur d'être jugés. Préparez avec eux une phrase utilisable dès le prochain cours : « J'ai essayé la première étape, je bloque à cet endroit » ou « Pouvez-vous me montrer comment vérifier mon raisonnement ? ».

Des ressources québécoises comme Alloprof permettent également de trouver des explications et du soutien. Une aide utile ne se contente pas de fournir la réponse : elle donne au jeune les moyens de comprendre, de réessayer et de refaire la tâche plus tard. L'objectif est d'apprendre à demander de l'aide, pas de devenir dépendant d'une aide permanente.

11. Relier les apprentissages à un projet qui compte pour lui

À la question « À quoi ça sert ? », répéter que « les études sont importantes pour ton avenir » ne répond pas toujours au besoin de sens. Cherchez plutôt les centres d'intérêt concrets du jeune : design, jeux vidéo, sciences, mécanique, sport, soins aux animaux, entrepreneuriat ou engagement communautaire.

Construisez un pont modeste : les mathématiques aident à prévoir un budget ; écrire permet de défendre une idée ; l'anglais facilite l'accès à des ressources ; la science aide à comprendre un phénomène qui intrigue. Évitez cependant de lui imposer une vocation à quinze ans. Un projet est une hypothèse à explorer, pas une identité définitive.

Cette posture rejoint la réflexion développée dans La Méthode de Coaching pour Adolescents, qui met l'accent sur les choix, la responsabilité et le passage progressif vers l'autonomie.

12. Évaluer les progrès avec l'adolescent, pas seulement sur lui

La dernière action relie toutes les autres. Une fois par semaine, consacrez dix minutes à un bilan partagé. Demandez au jeune ce qu'il a réussi à démarrer, quel obstacle reste présent et quelle aide il souhaite ajuster. L'adulte peut apporter ses observations, sans transformer le bilan en procès.

Choisissez deux indicateurs maximum : par exemple la présence aux cours et les travaux commencés, ou la fréquence des demandes d'aide et le sentiment de compétence. Évitez une surveillance intrusive de chaque geste. Si rien ne progresse, ne concluez pas que l'adolescent refuse d'essayer : réexaminez les obstacles et les soutiens. La bonne intervention peut être de modifier l'environnement, et non d'exiger davantage d'efforts.

Tableau pratique : un suivi de quatre semaines à personnaliser

Ce tableau est un outil d'accompagnement vierge, pas une grille diagnostique ni un instrument scientifique validé. Remplissez-le avec le jeune et adaptez-le à sa situation.

SemaineQuestion à poserAction convenue avec le jeuneIndice de progrès
1À quel moment l'école devient-elle difficile ?Écouter, identifier un obstacle et contacter un adulte ressourceUn obstacle précis est nommé
2Qu'est-ce qui te donnerait plus de prise sur ton travail ?Choisir une routine, un lieu ou un ordre de tâchesLe jeune initie une action choisie
3Qui ou quoi peut t'aider sans travailler à ta place ?Demander un soutien ciblé à l'école ou à la maisonUne demande d'aide est formulée
4Qu'est-ce qui a changé, même légèrement ?Faire un bilan, conserver ou modifier la stratégieLe jeune décrit un apprentissage et une prochaine étape

Les semaines ne correspondent pas à un programme obligatoire. Une situation urgente appelle une aide immédiate ; une difficulté persistante peut demander un accompagnement plus long ou une évaluation spécialisée.

Quelles erreurs peuvent affaiblir la motivation scolaire ?

La comparaison avec les frères, les sœurs ou les autres élèves transforme facilement un résultat en jugement sur la personne. La multiplication des punitions risque de déplacer toute l'attention vers l'évitement de la sanction. À l'autre extrême, supprimer toute attente peut laisser un adolescent sans repères.

Un équilibre plus utile consiste à maintenir des règles explicites, à reconnaître la réalité des obstacles et à confier au jeune des décisions qui correspondent à ses capacités. Alloprof rappelle plusieurs gestes favorables à la persévérance, notamment l'écoute, la présence et la reconnaissance des efforts.

Autre piège : interpréter chaque résistance comme un problème de personnalité. Un adolescent qui évite la classe peut subir de l'intimidation, ne pas comprendre certains apprentissages ou traverser une difficulté de santé. Le bon accompagnement commence par une enquête respectueuse, pas par une étiquette.

Quand faut-il aller au-delà des conseils familiaux ?

Si l'adolescent accumule des absences, parle de quitter l'école, signale une situation d'intimidation, se dit régulièrement incapable de faire face ou présente une détresse importante, prenez contact avec l'établissement et les professionnels concernés. Selon la situation, l'équipe-école peut mobiliser des ressources éducatives, psychosociales ou des mesures adaptées.

En présence d'idées suicidaires, d'un danger immédiat ou d'une situation de violence, il faut demander sans délai une aide d'urgence ou spécialisée. Les méthodes d'étude, le soutien parental et le coaching scolaire ne peuvent pas se substituer à un diagnostic, à des soins ou à une protection adaptée.

Un plan d'intervention scolaire, lorsqu'il est pertinent et proposé par l'établissement, doit rester centré sur les besoins du jeune et la collaboration avec la famille. Il ne s'agit pas d'une démarche qui s'impose systématiquement à toute baisse de motivation.

Quel rôle pour le coaching d'apprentissage dans la persévérance scolaire ?

Le coaching d'apprentissage proposé par Learning Coach aborde la motivation comme une compétence à explorer et à développer : écouter la perception du jeune, identifier les obstacles aux actions qu'il souhaite entreprendre, questionner les stratégies déjà tentées et favoriser une prise de responsabilité progressive. Ce travail vient en complément de l'enseignement, du soutien scolaire et des services spécialisés lorsque ceux-ci sont nécessaires.

La posture du Coach Scolaire, généralement tournée vers les adolescents, ne consiste ni à remplacer le professeur ni à faire les devoirs. Elle vise à accompagner l'organisation, les méthodes de travail, la motivation et l'autonomie. Un parent peut s'inspirer de cette posture sans se présenter comme professionnel ni transformer toutes les conversations familiales en séances de coaching.

Pour approfondir ces compétences et découvrir les parcours proposés, consultez la page Devenir Coach d'Apprentissage — formations Learning Coach. Les modalités et la disponibilité des spécialisations doivent être vérifiées auprès de l'organisme avant toute candidature.

Questions fréquentes sur la persévérance scolaire au Québec

Comment remotiver un adolescent qui ne veut plus aller à l'école ?

Commencez par comprendre ce qui rend l'école difficile ou insécurisante, sans réduire le problème à un manque de volonté. Identifiez avec lui une personne de confiance, un obstacle précis et une première action réaliste. En cas d'absences répétées ou de détresse, sollicitez rapidement l'équipe-école et les ressources compétentes.

Les parents doivent-ils contrôler tous les devoirs au secondaire ?

Non. Ils peuvent instaurer un cadre clair, s'intéresser au travail et offrir un soutien proportionné. À mesure que le jeune apprend à planifier et à vérifier ses progrès, il est utile de lui laisser davantage d'initiatives, tout en maintenant un dialogue et des possibilités d'aide.

Une activité sportive ou artistique peut-elle aider à rester engagé ?

Elle peut renforcer les liens, les occasions de réussite et le sentiment d'appartenance. Elle ne remplace pas un soutien pédagogique lorsqu'il existe des difficultés d'apprentissage, mais peut faire partie d'un environnement scolaire plus motivant.

Faut-il attendre une baisse des notes pour intervenir ?

Non. Le retrait social, les absences, le sentiment de ne plus avoir sa place, la peur de demander de l'aide ou l'évitement de certaines tâches méritent une conversation même lorsque le bulletin reste correct. L'important est de comprendre la situation avant d'agir.

Soutenir la persévérance, c'est rendre au jeune sa place d'acteur

La persévérance scolaire ne se résume ni à la volonté individuelle, ni aux notes, ni à une discipline plus stricte. Elle se construit avec des adultes accessibles, des occasions de choisir, des stratégies qui fonctionnent et des expériences qui redonnent le sentiment d'apprendre quelque chose d'important.

Commencez par une seule des douze actions cette semaine. Écoutez, choisissez ensemble un objectif réaliste, puis regardez ce qui se passe. Lorsque les difficultés dépassent les possibilités de la famille, faites équipe avec l'école et les services appropriés. La question la plus féconde n'est pas seulement « Comment éviter qu'il abandonne ? », mais « Comment l'aider à reprendre sa place dans son propre apprentissage ? ».

Ressources et références

Faysal Hafidi, fondateur et CEO de Learning Coach
À propos de l'auteur

Faysal Hafidi

Fondateur & CEO de Learning Coach

Coach et formateur depuis 2005

Fondateur de Learning Coach, j'œuvre depuis 2005 pour rendre l'apprentissage plus efficace grâce au coaching, aux neurosciences et à l'innovation pédagogique. Vous avez une question ou une idée à explorer ? Échangeons ensemble !

Previous
Previous

Examen universitaire et IA : quelles justifications demander pour évaluer le raisonnement ?

Next
Next

IA et inégalités scolaires : quand un devoir suppose un accès que tous n’ont pas