PISA 2025 : Chine, Singapour, Japon et Asie — les vrais résultats et les leçons pour l’école
Imaginez deux réunions de parents. Dans la première, à Shanghai, on demande pourquoi les élèves réussissent si bien des problèmes scientifiques complexes. Dans la seconde, à Hong Kong, on s’inquiète d’une baisse sensible des résultats malgré une tradition d’excellence. La scène est fictive, mais la contradiction est réelle : l’Asie domine plusieurs classements PISA 2025 sans former un modèle éducatif unique et sans échapper partout au recul des apprentissages.
Publié par l’OCDE le 8 septembre 2026, le neuvième cycle du Programme international pour le suivi des acquis des élèves a évalué plus de 760 000 jeunes de 15 ans dans 91 pays et économies. Les sciences étaient le domaine principal ; mathématiques, compréhension de l’écrit et résolution de problèmes computationnels complétaient l’étude. Présentation et résultats officiels de PISA 2025.
L’essentiel en une phrase : Pékin, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang, réunis sous l’appellation B-S-J-Z (Chine), arrivent premiers en sciences et en mathématiques ; Singapour conserve la première place en lecture ; Japon, Corée, Macao et Taipei chinois restent solides ; Hong Kong recule nettement ; l’Asie du Sud-Est montre des situations très contrastées.
Classement PISA 2025 en Asie : les chiffres officiels
Il est indispensable de distinguer « Chine » au sens politique et les seules quatre juridictions chinoises effectivement évaluées dans cette comparaison. Les 612 points en mathématiques ne sont pas la moyenne nationale de tous les adolescents chinois. L’OCDE les attribue à B-S-J-Z : Pékin, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang. Hong Kong et Macao figurent séparément dans la base. Cette précision change le sens du titre et interdit de conclure que toutes les provinces chinoises obtiennent les mêmes résultats.
Le tableau ci-dessous utilise les moyennes publiées dans le tableau I.1 du résumé exécutif officiel. Les systèmes sont classés par leur score en sciences, domaine principal de l’édition 2025.
| Système éducatif | Sciences | Maths | Lecture | Résolution computationnelle |
|---|---|---|---|---|
| Chine B-S-J-Z | 597 | 612 | 527 | 560 |
| Singapour | 560 | 563 | 535 | 563 |
| Macao (Chine) | 541 | 549 | 501 | 572 |
| Taipei chinois | 540 | 546 | 508 | 551 |
| Japon | 538 | 525 | 503 | 557 |
| Corée | 526 | 522 | 501 | 538 |
| Hong Kong (Chine) | 496 | 522 | 480 | 545 |
| Viet Nam | 457 | 443 | 392 | 461 |
| Thaïlande | 432 | 407 | 392 | 476 |
| Malaisie | 419 | 397 | 393 | 484 |
| Indonésie | 389 | 364 | 365 | 427 |
| Cambodge | 382 | 366 | 347 | Non disponible |
| Philippines | 373 | 371 | 367 | 434 |
| Moyenne OCDE | 482 | 463 | 461 | 500 |
Ces résultats représentent des performances moyennes à des épreuves standardisées, pas une mesure de l’intelligence des peuples ni un verdict sur la qualité humaine des écoles. Un petit écart numérique entre deux systèmes ne constitue pas toujours une différence statistiquement significative. Pour apprécier un pays, il faut regarder la distribution des acquis, les élèves fragiles, les inégalités, les conditions scolaires et les tendances de plusieurs cycles, pas seulement une place dans le tableau.
Chine : une victoire spectaculaire, mais pas un résultat de tout le territoire
B-S-J-Z affiche 597 points en sciences, soit 115 points au-dessus de la moyenne OCDE de 482 ; et 612 en mathématiques, 149 points au-dessus de la moyenne OCDE de 463. Sa lecture, à 527 points, reste très élevée mais arrive derrière les 535 points de Singapour. Le rapport souligne aussi que 54 % des élèves évalués dans B-S-J-Z atteignent les niveaux 5 ou 6 en mathématiques, contre 8 % en moyenne dans l’OCDE. Note OCDE sur les quatre juridictions chinoises.
Mais une autre lecture est possible. Comparée à 2018, dernière édition antérieure incluant ces juridictions, leur performance moyenne augmente en mathématiques, baisse en lecture et reste approximativement stable en sciences. Affirmer que « la Chine progresse dans toutes les disciplines » serait donc incorrect. Comparer directement cette évolution à un changement 2022–2025 n’aurait pas de sens : B-S-J-Z ne figure pas parmi les participants de 2022.
La force du résultat appelle une question pédagogique plus profonde : comment tant d’élèves atteignent-ils des niveaux de raisonnement scientifique et mathématique très exigeants ? La réponse n’est pas contenue dans un seul chiffre. Continuité des programmes, expertise disciplinaire des enseignants, enseignement explicite, entraînement et valorisation des savoirs sont autant d’hypothèses ou de variables à étudier. PISA ne permet pas de les classer automatiquement comme causes du score. L’enquête est comparative et largement observationnelle : elle révèle des associations, pas des preuves expérimentales de l’efficacité de toute une culture éducative.
Autre précaution : Pékin et Shanghai sont des métropoles au profil socio-économique particulier, tandis que Jiangsu et Zhejiang sont des provinces puissantes et relativement développées. Étendre leurs résultats à toute la Chine, notamment à ses territoires ruraux ou moins favorisés, serait une généralisation abusive. L’analyse honnête distingue l’excellence démontrée dans un échantillon de l’universalité encore non démontrée de cette excellence.
Singapour : deuxième grand gagnant, premier en lecture
Singapour obtient 560 points en sciences, 563 en mathématiques et 535 en lecture. Les adolescents singapouriens se placent donc derrière B-S-J-Z en sciences et mathématiques, mais devant tous les participants en compréhension de l’écrit. Le pays avait déjà dominé les trois matières du cycle 2022. Cette fois, la hiérarchie change surtout en raison du retour de B-S-J-Z dans la comparaison. Note OCDE Singapour.
La réussite ne signifie pourtant pas immobilité. Entre 2022 et 2025, Singapour perd 12 points en mathématiques et 8 en lecture, tandis que les sciences restent globalement stables, avec une variation de 2 points en moins. L’OCDE rapporte aussi un élargissement des écarts de performance entre les élèves les plus forts et les plus faibles dans les trois disciplines. Le vrai débat n’est donc pas seulement « pourquoi Singapour est-il premier ? », mais « comment maintenir une très haute ambition académique sans laisser grandir la distance entre élèves ? ».
Un autre indicateur mérite l’attention : 37 % des élèves singapouriens atteignent les niveaux 5 ou 6 en mathématiques, contre 8 % en moyenne dans l’OCDE. Il ne s’agit pas uniquement de réciter des formules : les épreuves PISA sollicitent également la modélisation, le choix de stratégies et l’interprétation de situations nouvelles. Néanmoins, un test de deux heures environ ne mesure ni l’ensemble de la créativité ni les valeurs, le bien-être ou les projets de vie des adolescents.
Japon et Corée du Sud : stabilité relative des positions, érosion des points
Le Japon conserve des résultats impressionnants : 538 points en sciences, 525 en mathématiques et 503 en lecture. Pourtant, le recul entre 2022 et 2025 atteint respectivement 9, 10 et 13 points. Les moyennes demeurent au-dessus de celles de l’OCDE, mais ce constat évite une illusion : être encore très bien classé ne garantit pas que chaque nouvelle cohorte apprenne aussi bien que la précédente.
La Corée du Sud atteint 526 points en sciences, 522 en mathématiques et 501 en lecture. Les écarts calculés par l’OCDE depuis 2022 sont de −2 en sciences, −5 en mathématiques et −15 en lecture. Cette dernière évolution invite à se demander comment les adolescents lisent aujourd’hui des textes longs, relient des informations et résistent aux interprétations trop rapides. L’enquête ne permet cependant pas d’attribuer cette baisse à un facteur unique comme les écrans, la pression des examens ou les cours privés.
Ces deux pays montrent qu’une culture de l’effort scolaire peut coexister avec de nouveaux défis : fatigue, adaptation des méthodes pédagogiques, usages numériques, équilibre entre connaissances et autonomie. Il faut analyser ces thèmes avec des études propres à chaque pays avant d’affirmer qu’ils expliquent les scores. Les élèves japonais et coréens ne constituent pas une population scolaire homogène.
Une donnée intéressante nuance les portraits alarmistes : le rapport PISA 2025 relève des progrès déclarés du soutien des enseignants en cours de sciences au Japon et en Corée sur la période de référence, ainsi qu’une amélioration du climat disciplinaire en Corée. Les systèmes évoluent sur plusieurs dimensions simultanément. Résumé PISA 2025 sur le soutien scolaire et le climat.
Macao et Taipei chinois : au sommet, avec des profils distincts
Macao réalise 541 points en sciences, 549 en mathématiques et 501 en lecture. Il obtient en outre 572 points en résolution de problèmes computationnels, le meilleur score parmi les systèmes du tableau. L’indicateur ne correspond pas à une simple épreuve de programmation : il s’intéresse à la capacité de résoudre des problèmes en mobilisant des outils et représentations computationnels.
Taipei chinois enregistre 540 en sciences, 546 en mathématiques et 508 en lecture. Les variations depuis 2022 sont limitées en sciences (+2) et mathématiques (−1), mais la lecture recule de 7 points. Ces changements ne doivent pas être traités automatiquement comme des évolutions significatives ; il faut consulter les intervalles d’incertitude et les tests statistiques de l’OCDE.
Ces résultats rappellent que même au sein de l’Asie orientale, les acquis ne se construisent pas selon un schéma identique. Le score moyen de Macao en lecture est inférieur à celui de Taipei chinois, mais son score en résolution computationnelle est supérieur. Le classement général fait disparaître ces spécialités. Pour une direction pédagogique, il est plus utile d’analyser les compétences réellement mobilisées que de chercher une imitation simplifiée du « modèle asiatique ».
Hong Kong : le signal d’alarme que le palmarès peut masquer
Hong Kong obtient 496 points en sciences, 522 en mathématiques et 480 en lecture. Les scores restent proches ou au-dessus de certaines références internationales, mais leur évolution est préoccupante : −25 points en sciences, −19 en mathématiques et −20 en lecture depuis 2022. Le repli est beaucoup plus net que dans plusieurs autres systèmes asiatiques de tête.
Le constat appelle une enquête locale sérieuse : quels groupes d’élèves ont le plus perdu ? Comment les difficultés ont-elles évolué entre écoles ? Quelle part attribuer aux changements démographiques, aux parcours scolaires, aux absences ou à d’autres facteurs ? Il serait hasardeux de présenter une explication politique ou pédagogique unique sans analyse spécifique supplémentaire.
Hong Kong réussit toutefois 545 points en résolution computationnelle ; l’OCDE indique que sa performance sur ce domaine dépasse nettement celle qui serait attendue au regard de son score en sciences. Cette tension est révélatrice : un système peut perdre des points dans les matières classiques tout en conserver une force relative dans une compétence nouvelle. PISA n’autorise donc ni célébration totale ni condamnation totale d’un système.
Asie du Sud-Est : l’erreur de parler d’un seul « niveau asiatique »
Le cas du Viet Nam est instructif : 457 en sciences, 443 en mathématiques et 392 en lecture. Ces moyennes ne ressemblent pas à celles de Singapour, bien que les deux pays appartiennent à l’Asie du Sud-Est. Les comparaisons avec des cycles antérieurs nécessitent, pour certains pays, une attention particulière à la comparabilité des données ; le tableau OCDE affiche ici des changements 2022–2025 indisponibles pour le Viet Nam.
La Thaïlande obtient 432 en sciences, 407 en mathématiques et 392 en lecture. Elle progresse par rapport à 2022 de 23 points en sciences, 13 en mathématiques et 13 en lecture. C’est une évolution remarquable dans une période de recul moyen à l’échelle de l’OCDE, même si le niveau demeure inférieur à ses moyennes. Le défi suivant est de consolider les progrès et de les étendre aux élèves les plus vulnérables.
La Malaisie, à 419 en sciences, 397 en mathématiques et 393 en lecture, présente des mouvements plus mitigés : +3 en sciences, −11 en maths, +5 en lecture. L’Indonésie obtient 389, 364 et 365 points : sa science progresse de 6 points et sa lecture de 7, tandis que les mathématiques baissent de 2. Aucune de ces valeurs ne doit être transformée à elle seule en preuve que telle politique nouvelle a réussi ou échoué.
Le Cambodge progresse dans les trois compétences comparées à 2022 : +35 points en sciences, +29 en mathématiques et +18 en lecture, pour atteindre respectivement 382, 366 et 347 points. Les Philippines progressent aussi : +17 en sciences, +16 en mathématiques, +20 en lecture, jusqu’à 373, 371 et 367 points. Ce sont des signaux de progression à partir de niveaux encore éloignés des moyennes OCDE, qui appellent un accompagnement soutenu plutôt que des jugements méprisants.
Un exemple plus discret devrait retenir notre attention : plus de 90 % des élèves du Viet Nam et de l’Indonésie déclarent s’intéresser à une carrière permettant de contribuer à la protection de l’environnement, contre 62 % en moyenne selon l’OCDE. La curiosité et l’engagement ne se réduisent donc pas à la performance à un test. Données comparatives OCDE.
Ce que PISA 2025 révèle des mathématiques, des sciences et de la lecture
La première tendance est la supériorité très nette de certains systèmes d’Asie orientale dans les performances de haut niveau en mathématiques. La Chine B-S-J-Z, Singapour, Taipei chinois, Macao, Corée, Japon et Hong Kong comptent parmi les systèmes où la proportion de très bons élèves est la plus forte. Ce constat mérite une étude méthodique des séquences de cours, du degré d’exigence, des routines d’entraînement et des possibilités de transfert.
La deuxième tendance, moins rassurante, est le recul de la lecture, qui concerne aussi des pays au sommet. L’OCDE relève une baisse internationale des capacités à comparer plusieurs sources, évaluer l’information et lire avec précision. Entre 2018 et 2025, la proportion de lecteurs précipités, qui répondent vite mais incorrectement, est passée à environ 9 %, soit presque le double. Cela soulève une question immense à l’ère des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle : pouvons-nous encore traiter la compréhension critique de l’écrit comme une simple compétence déjà acquise ?
La troisième tendance est que la résolution computationnelle apporte une lecture supplémentaire. Macao, Singapour, B-S-J-Z et le Japon atteignent respectivement 572, 563, 560 et 557 points. La capacité d’utiliser des ressources numériques pour construire une solution ne se résume pas à posséder des appareils. La nouveauté de l’indicateur exige de la prudence : les résultats 2025 ne constituent pas une série historique comparable à celle des mathématiques.
La quatrième tendance concerne les inégalités. L’OCDE souligne que certains systèmes — B-S-J-Z, Japon, Corée et Macao notamment — associent performance élevée et plusieurs indicateurs favorables d’équité socio-économique. Mais équité relative ne signifie pas absence d’inégalités. Il faut examiner les écarts sociaux, les élèves sous le niveau minimal et les élèves très performants ensemble. Analyse de l’équité PISA 2025.
Technologie, smartphones et intelligence artificielle : une surprise asiatique
Dans B-S-J-Z, au Japon et en Corée, moins de 10 % des élèves rapportent que leurs camarades sont distraits par des appareils numériques pendant la plupart ou la totalité des cours de sciences. La moyenne internationale mentionnée par l’OCDE atteint 28 %. Il s’agit d’un signal utile pour la gestion des environnements d’apprentissage, mais non d’une expérience qui prouverait que le contrôle des téléphones est l’unique cause des scores élevés.
Les usages numériques ne sont pas tous équivalents. Le rapport observe des associations plus favorables pour des usages pédagogiques limités ou modérés que pour des usages de loisirs pendant les cours. S’agissant de l’IA, les associations varient selon les tâches et les occasions d’apprendre à l’utiliser intelligemment. Il serait donc trompeur d’opposer l’Asie disciplinée à un Occident forcément distrait, ou de croire qu’une interdiction suffirait à faire progresser une école.
Une proposition pratique consiste à distinguer trois moments : sans écran pour réfléchir et produire une première réponse ; avec outil pour chercher, comparer et tester ; sans outil à nouveau pour démontrer ce qui a été réellement appris. C’est une piste pédagogique à expérimenter et à évaluer, pas une recette validée par PISA.
Faut-il copier la pédagogie chinoise, japonaise ou singapourienne ?
La tentation est forte, surtout lorsque les scores sont spectaculaires. Pourtant, une importation littérale ignorerait la langue, le curriculum, la formation des enseignants, la démographie, les inégalités et les conditions locales. Il n’existe pas de méthode « asiatique » uniforme : la diversité entre Shanghai, Singapour, Séoul, Tokyo, Bangkok et Manille est considérable.
Un système scolaire peut cependant apprendre des questions soulevées par ces résultats : les élèves expliquent-ils leur raisonnement ? Savent-ils passer d’un exercice familier à un problème inconnu ? Peuvent-ils lire un document contradictoire avec attention ? Les élèves en difficulté disposent-ils d’un retour d’information suffisamment précis pour changer de stratégie ? Une classe donne-t-elle assez d’occasions de refaire sans l’aide du professeur ?
La distinction décisive est celle de l’enseignement reçu et de l’apprentissage réellement transférable. Expliquer correctement une leçon est indispensable dans de nombreuses situations, mais ne suffit pas à garantir que chaque élève saura la mobiliser seul, une semaine plus tard, dans un autre contexte. C’est là qu’une démarche de coaching de l’apprentissage peut compléter, sans remplacer, l’expertise disciplinaire et l’enseignement structuré.
La réponse pédagogique proposée par Learning Coach
Learning Coach défend une transition : ne plus juger uniquement la quantité d’informations transmises, mais observer la capacité croissante de l’élève à comprendre, raisonner, planifier, vérifier et corriger son propre travail. Il s’agit d’une proposition pédagogique complémentaire, non d’une méthode dont PISA aurait prouvé causalement l’efficacité.
Concrètement, un Enseignant Coach peut commencer par observer comment un adolescent aborde une question scientifique. Lit-il toute la consigne ? Repère-t-il la variable étudiée ? Évalue-t-il la crédibilité de la source ? Dessine-t-il un modèle ? Corrige-t-il son raisonnement lorsqu’un résultat le contredit ? Plutôt que d’étiqueter rapidement cet élève comme « faible en sciences », le professionnel formule une hypothèse testable sur l’obstacle réel et ajuste son aide.
Cette posture rejoint des composantes abordées dans les fondamentaux du coaching Learning Coach : objectif explicite, prise de conscience, mobilisation des ressources de l’apprenant, accompagnement limité dans le temps et autonomie recherchée. Une intervention réussie ne maintient pas la dépendance : elle prévoit les conditions dans lesquelles l’aide pourra diminuer.
Voici un protocole transposable en classe sur quatre semaines :
Semaine 1 — Voir le raisonnement. Faire résoudre un problème court sans aide et demander à l’élève d’expliquer les étapes. Repérer précisément où la chaîne se rompt.
Semaine 2 — Enseigner la stratégie manquante. Modéliser au besoin la comparaison de sources, la construction d’hypothèses ou la vérification d’un calcul ; donner un feedback portant sur la procédure.
Semaine 3 — Varier les contextes. Présenter deux situations différentes utilisant la même stratégie. Faire travailler des binômes pour discuter les erreurs sans fournir immédiatement la réponse.
Semaine 4 — Tester l’autonomie. Proposer un nouveau problème, sans les indices des séances précédentes. Mesurer ce que l’élève sait faire seul, puis réviser l’intervention.
L’exemple est une proposition d’organisation, non le compte rendu d’une expérimentation réelle ni la promesse d’un gain de points PISA. Pour approfondir la posture professionnelle, les enseignants peuvent découvrir L’Enseignant Coach et Comment Coacher l’Apprentissage. Ceux qui souhaitent connaître les formations et spécialités peuvent consulter la page générale de formation Learning Coach, sans présumer de l’ouverture de chaque parcours spécialisé.
Cinq décisions concrètes pour une école qui veut apprendre de l’Asie
Première décision : renforcer la maîtrise des contenus, pas seulement multiplier les activités. Les situations complexes exigent des connaissances mobilisables. Un bon accompagnement associe apport structuré, entraînement, récupération active et occasions d’application.
Deuxième décision : considérer la lecture critique comme une compétence de toutes les matières. En sciences, un élève doit interpréter un graphique et une conclusion ; en histoire, comparer des sources ; en mathématiques, comprendre l’énoncé d’un problème. La littératie traverse le curriculum.
Troisième décision : rendre les erreurs visibles sans humilier. Les meilleurs systèmes ne peuvent être compris à partir des seuls élèves de tête. Une évaluation utile aide à identifier si l’échec vient du prérequis, de l’attention, de la stratégie, du langage ou du transfert.
Quatrième décision : développer des usages numériques intentionnels. Une politique claire d’appareils doit protéger l’attention et, quand elle autorise des outils, leur donner une fonction d’apprentissage identifiable, évaluée et compréhensible par les élèves.
Cinquième décision : suivre les progrès individuels sans confondre niveau initial et potentiel. Une hausse de scores au Cambodge ou en Thaïlande n’annule pas les besoins restants ; un recul à Hong Kong ne nie pas les acquis historiques. La même logique s’applique à un élève : regarder la trajectoire, identifier le levier suivant et vérifier la consolidation.
Questions fréquentes sur PISA 2025 en Asie
Quel pays asiatique est premier à PISA 2025 ?
Si l’on parle des systèmes participants, B-S-J-Z (Chine) domine en sciences (597) et mathématiques (612), tandis que Singapour arrive premier en lecture (535). B-S-J-Z ne représente pas toutes les provinces chinoises.
Pourquoi la Chine n’était-elle pas dans le classement PISA 2022 ?
Les quatre juridictions B-S-J-Z n’ont pas pris part au cycle 2022, contrairement à leur participation en 2018 et en 2025. Hong Kong et Macao ont leurs propres entrées. Il faut donc comparer les régions chinoises à 2018 pour étudier leur évolution.
Le Japon et la Corée progressent-ils ?
Leurs moyennes de lecture et de mathématiques sont inférieures à celles de 2022, mais leurs niveaux restent élevés. Une tendance ne peut être résumée par un rang : il faut considérer les intervalles d’incertitude, les points et les groupes d’élèves concernés.
Les pays asiatiques réussissent-ils tous mieux que l’Europe ?
Non. Singapour et plusieurs systèmes est-asiatiques sont au sommet, alors que plusieurs pays d’Asie du Sud et du Sud-Est obtiennent des résultats inférieurs à la moyenne OCDE. L’Estonie et d’autres pays européens obtiennent par ailleurs d’excellentes performances.
Que mesure le nouveau domaine computationnel ?
Il mesure notamment des capacités de résolution de problèmes utilisant des représentations et outils computationnels. L’OCDE le distingue des trois domaines historiques ; il ne faut pas le traiter comme un simple classement de programmation ou de compétence en IA.
Le vrai défi n’est pas de copier l’Asie, mais de comprendre comment l’élève apprend
PISA 2025 raconte deux histoires. La première est celle de l’excellence : B-S-J-Z et Singapour prouvent qu’il est possible d’atteindre des niveaux moyens exceptionnellement élevés dans des tâches exigeantes. La seconde est celle de la fragilité : la lecture recule même dans plusieurs systèmes leaders, Hong Kong perd nettement du terrain et la réussite demeure très inégale dans le continent asiatique.
La question utile pour un enseignant francophone n’est pas de transplanter une école de Shanghai ou de Singapour dans sa classe. Elle est de rechercher quels gestes rendent les connaissances durables, les stratégies transférables et l’apprenant progressivement autonome. Le palmarès PISA est le point de départ d’une enquête pédagogique, jamais son point final.
Sources et documents consultés
OCDE — PISA 2025, résultats, volume I : résumé exécutif et tableau comparatif officiel, publié le 8 septembre 2026.
OCDE — Student performance in PISA 2025 : comparaisons, tendances, incertitude et équité, 2026.
OCDE — Note pays Singapour, 2026.
OCDE — Programme PISA : domaine numérique de l’édition 2025, consulté le 14 octobre 2026.
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