PANCOGEd 2026 : quels engagements pour l’éducation des filles et des femmes ?

PANCOGEd 2026 : quels engagements pour l’éducation des filles et des femmes ?

PANCOGEd est la Conférence panafricaine de l’Union africaine sur l’éducation des filles et des femmes. Sa deuxième édition s’est tenue à Bujumbura, au Burundi, du 2 au 4 juillet 2026. Son ambition est de rapprocher les engagements politiques des conditions qui permettent aux filles et aux femmes d’accéder à une formation, de poursuivre leur parcours et de développer leurs compétences.

Au 27 octobre 2026, la question utile est donc celle des suites : que disent les documents publiés, et que faudrait-il observer pour apprécier leur mise en œuvre ? La conférence a produit des orientations et une déclaration. Cela ne permet pas d’affirmer que les difficultés éducatives qu’elle vise sont déjà résolues.

Pour les institutions, associations et responsables éducatifs francophones, PANCOGEd offre surtout une occasion de relier des sujets souvent traités séparément : continuité scolaire, sécurité, apprentissages, numérique, formation professionnelle et financement.

PANCOGEd : quel rendez-vous et quelle édition ?

La première conférence s’est déroulée à Addis-Abeba, en Éthiopie, du 2 au 5 juillet 2024. La seconde, organisée en juillet 2026, a placé le développement des compétences et les possibilités d’apprentissage et de formation au centre de ses travaux.

Selon le communiqué d’ouverture du CIEFFA, PANCOGEd 2 a été organisée par la Commission de l’Union africaine, à travers son département chargé de l’éducation et son institution spécialisée, le CIEFFA, avec le gouvernement burundais. Elle a réuni des responsables publics, des partenaires, des professionnels de l’éducation, des représentants des jeunes et d’autres acteurs engagés sur ces questions.

Le ministère burundais de l’Éducation confirme la clôture du 4 juillet dans un article publié le 16 juillet 2026. Son retour insiste sur la traduction des engagements en actions, l’amélioration des environnements d’apprentissage et les compétences scientifiques, techniques et numériques.

Ces sources décrivent un événement tenu et ses orientations. Cet article en propose une analyse documentaire : il ne rapporte ni une présence de Learning Coach à Bujumbura ni des échanges auxquels nous aurions assisté.

Que contient la Déclaration de Bujumbura ?

La Déclaration de Bujumbura et son appel à l’action, adoptés le 4 juillet 2026 et mis à disposition par le CIEFFA le 17 juillet, constituent un repère central.

Le texte appelle notamment à faciliter le retour et la poursuite des études, à réduire la fracture numérique, à élargir les parcours techniques et scientifiques et à améliorer le financement. Il associe aussi la qualité des environnements éducatifs à la nutrition, à la sécurité, à l’eau et à l’hygiène. Enfin, il demande un suivi fondé sur des indicateurs et des données ventilées par sexe.

Il convient de lire précisément son statut : le document recommande également sa soumission aux organes décisionnels compétents de l’Union africaine pour adoption formelle comme référence. Une déclaration adoptée par les participants à la conférence ne doit donc pas être présentée comme une réforme déjà appliquée dans chaque pays.

Notre lecture est que ces orientations invitent à examiner un parcours entier. Ouvrir une possibilité d’inscription ne suffit pas si la personne ne peut pas se déplacer, suivre les cours, apprendre dans de bonnes conditions ou poursuivre sa formation.

Pourquoi regarder au-delà de l’entrée à l’école ?

Pour préparer un projet éducatif, on peut distinguer plusieurs moments : pouvoir entrer dans une formation, y rester, y apprendre et disposer d’une suite. Cette grille est une proposition d’analyse ; elle n’est pas un indicateur officiel de PANCOGEd.

Une action peut réussir à un moment du parcours et rencontrer une difficulté au suivant. Une campagne d’information peut rendre une formation plus visible sans résoudre le problème de transport. Une aide matérielle peut faciliter la présence sans rendre les contenus plus accessibles. Un certificat peut reconnaître un apprentissage sans ouvrir automatiquement l’accès à un emploi.

Cette distinction change la manière de poser les questions. Au lieu de demander seulement combien de personnes ont été touchées par une initiative, l’équipe peut chercher à comprendre où le parcours reste fragile et ce qui relève de sa responsabilité.

Un exemple fictif : ouvrir une formation technique

Imaginons un centre qui souhaite accueillir davantage de jeunes femmes dans une formation technique. Il organise une journée de présentation, puis constate que plusieurs personnes intéressées ne s’inscrivent finalement pas.

La première réaction pourrait être de renforcer la communication ou de proposer une conférence sur la confiance en soi. Ces actions peuvent avoir leur place, mais elles reposeraient sur un diagnostic incomplet si l’obstacle réel était un horaire incompatible avec les transports ou une information peu claire sur les prérequis.

Une démarche utile consisterait à recueillir les questions des candidates, examiner les étapes d’admission et rencontrer les personnes qui accompagnent l’orientation. Le centre pourrait ensuite adapter une information, un calendrier ou un accompagnement, puis observer ce qui évolue.

Il ne s’agit pas de promettre qu’une modification produira un résultat donné. Il s’agit de rendre le problème assez précis pour choisir une action et apprécier ses limites.

Ne pas transformer un obstacle collectif en défaut individuel

Le vocabulaire de la motivation et de l’autonomie doit être utilisé avec mesure. Dire qu’une apprenante doit devenir plus confiante n’explique pas, à lui seul, pourquoi elle n’accède pas à une formation ou pourquoi elle l’interrompt.

Une conférence sur les compétences humaines peut aider à formuler un projet, à comprendre des stratégies d’apprentissage ou à demander de l’aide. Son apport doit cependant être situé dans un dispositif plus large, avec des responsabilités clairement définies.

Pour un organisateur, la bonne préparation commence ainsi par une question : quelle difficulté voulons-nous éclairer, et quelles décisions pouvons-nous réellement prendre après la rencontre ?

Quelle place pour le numérique et l’intelligence artificielle ?

Dans le prolongement des orientations de Bujumbura, il est utile d’examiner le numérique à partir des usages possibles. Une ressource en ligne n’est accessible que si les personnes concernées peuvent effectivement la consulter, comprendre sa langue et trouver l’accompagnement nécessaire.

Avant de retenir un dispositif, une équipe peut demander : fonctionne-t-il avec les appareils disponibles ? Existe-t-il une solution lorsque la connexion manque ? Les consignes sont-elles compréhensibles ? Qui aide les apprenantes lorsqu’une difficulté survient ? Quelle activité permet de vérifier ce qu’elles ont compris ?

Ces questions sont des critères de conception proposés ici. Elles évitent de confondre disponibilité d’une technologie et possibilité réelle d’apprendre.

L’IA ajoute une question de vérification. Si un assistant produit une explication ou une correction, l’utilisateur doit pouvoir la discuter et la confronter à une référence. Le rôle de l’enseignant, du formateur ou de l’accompagnateur mérite donc d’être précisé avant de présenter l’outil comme une réponse.

Pour aborder un contexte national concret, notre article sur les plateformes EdTech au Maroc et les défis de l’apprentissage complète cette réflexion. Il aide à distinguer les services proposés des questions pédagogiques qu’il reste à examiner.

Quelles suites sont documentées en octobre 2026 ?

Un communiqué du CIEFFA publié le 2 octobre 2026 rend compte d’une mission au Burundi menée du 30 septembre au 2 octobre dans le cadre de la campagne AfricaEducatesHer.

Le texte indique que la délégation a participé à un atelier de préparation de la feuille de route nationale pour mettre en œuvre la Déclaration de Bujumbura. Il décrit aussi des visites d’établissements et des échanges avec des responsables éducatifs et des partenaires. Les conclusions sont présentées comme préliminaires.

Ce suivi montre qu’un travail de mise en œuvre est documenté. Il ne démontre pas que les évolutions observées dans les établissements ont été causées par la conférence de juillet. Des initiatives peuvent lui être antérieures, et une mission de terrain ne constitue pas automatiquement une évaluation comparative d’impact.

Pour apprécier la suite, un lecteur peut donc chercher des documents qui précisent les actions retenues, leurs responsables, leurs moyens et leur calendrier. Il peut aussi examiner la manière dont les personnes concernées participent à leur définition et à leur évaluation.

Comment organiser un dialogue utile à partir de PANCOGEd ?

Pour une institution ou une association, reprendre le sujet ne signifie pas reproduire un sommet continental. Une rencontre locale peut viser une décision plus limitée : mieux comprendre un obstacle d’orientation, améliorer l’accueil dans une formation ou clarifier les conditions d’un accompagnement.

Une préparation solide pourrait réunir trois éléments : une situation concrète, des informations locales vérifiées et une question sur laquelle l’organisation peut agir. Les personnes concernées doivent pouvoir contribuer sans être placées dans l’obligation de raconter publiquement une expérience personnelle sensible.

Le programme peut ensuite articuler une ouverture sur les enjeux éducatifs, un échange autour de situations et un travail sur les prochaines étapes. L’organisateur gagnera à annoncer ce qu’il attend de la rencontre : identifier des questions, comparer des options ou préparer une expérimentation. Ces résultats restent différents d’un changement durable des parcours.

Pour concevoir une intervention sur l’apprentissage, l’autonomie et les capacités humaines adaptée à votre public, découvrez les keynotes Learning Coach. Précisez le contexte, les participants et les décisions que la conférence doit aider à éclairer.

PANCOGEd 2026 rappelle l’importance de considérer les filles et les femmes comme des participantes aux décisions éducatives. La suite se jugera dans les possibilités concrètes d’apprendre et de poursuivre un parcours, ainsi que dans la qualité du suivi des engagements.

Ressources

Faysal Hafidi, fondateur et CEO de Learning Coach
À propos de l'auteur

Faysal Hafidi

Fondateur & CEO de Learning Coach

Coach et formateur depuis 2005

Fondateur de Learning Coach, j'œuvre depuis 2005 pour rendre l'apprentissage plus efficace grâce au coaching, aux neurosciences et à l'innovation pédagogique. Vous avez une question ou une idée à explorer ? Échangeons ensemble !

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